ALEXANDRE CHRISTOPHOR GLOTOFF


DE SA RUSSIE NATALE
AUX FFI DU LOUHANNAIS

   

 

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Histoire en verdunois        

Le 8 mai 2008, au cours  d’une cérémonie sympathique  et  bien  émouvante,
Jean-Marie SERMIER, Député et  Conseiller Général du Jura
a remis à

ALEXANDRE CHRISTOPHOR GLOTOFF
        la MEDAILLE DE LA RECONNAISSANCE DE LA NATION 1939-45,
et
Jean CAMUS, ancien officier de l’Armée de l’air, (lieutenant-colonel), ex-pilote de chasse commandant la compagnie Normandie-Niemen,pilote d’essais,  chef des projets militaires MIRAGE 2000/CB et RAFALE, puis conseiller pilote Aérospatiale Missiles et Direction Générale Internationale DASSAULT/AVIATION l’a décoré  de
    la CROIX du COMBATTANT,
      en présence de SERGEI PARINOV, attaché culturel  près l’AMBASSADE de RUSSIE à PARIS,
du Président du GRAND DOLE, Monsieur Claude CHALON,

et du Conseiller Général Monsieur Frank DAVID.
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   

Alex GLOTOFF, né le 10 mai 1913 dans un petit village de Sibérie participa à la résistance française dans le groupe LANGLOIS-BRESSON de PIERRE-de-BRESSE avant de terminer la guerre à BERLIN sous l’uniforme des USA, et son parcours en dit long sur sa passion pour la liberté et sur sa volonté de lutter pour les valeurs démocratiques.

Félicitons le maire actuel de MENOTEY, Alain ALONZO et son prédécesseur Christian DEGRANGE dont les efforts ont permis la réussite parfaite de cette journée ainsi que les habitants de la commune pour leur participation : la place du FOURNIL, au centre du petit village de MENOTEY (235 habitants) envahie par une foule considérable semblait devenue le centre de l’Europe dont les drapeaux flottaient au vent léger. Il faut souligner que de nombreux parents et amis d’Alex GLOTOFF  étaient venus de 12 pays différents, dont sa lointaine RUSSIE natale, pour lui rendre un hommage particulier.

Robert VIEL, fils d’Alexandre Christophor GLOTOFF,  vient de publier

                           « Christophor  GLOTOFF , l’homme du Baïkal » (éditions du  Murmure )

Dans ce livre, il retrace la vie de son père né à Kouitoune petit village de Sibérie ,

« aîné d’une famille d’origine orthodoxe dont tous les membres se rendaient chaque dimanche à l’office vêtus de leurs plus beaux habits. Propriétaire d’une ferme et de quelques terres à Kouitoune près de la frontière mongole, le père d’Alexandre,  Phiodor GLOTOFF élevait difficilement porcs, moutons, et quelques volailles, mais sa  fierté était son élevage de chevaux, principalement des étalons qu’il  allait acheter en Mongolie, aucun garde ne surveillant la frontière.
Chaque printemps, la famille se rendait en calèche sur le lac Baïkal gelé pour la traditionnelle foire du mardi-gras qui marque la fin de l’hiver, bière et vodka coulaient à flots, chaque transaction étant conclue autour d’un verre. C’était aussi l’occasion d’y retrouver des parents lointains et d’assister à des spectacles musique et danses au rythme effréné, et à des courses de chevaux sur la neige  dans lesquelles s’affrontaient d’abord les enfants puis les adultes ».

 

Suivent des pages consacrées aux différents métiers et aux aventures d’Alexandre Glotoff qui se lança seul dans la vie alors qu’il n’était qu’un adolescent de quatorze ans. En voici un survol rapide :

«  Il parcourt la Sibérie, est exilé à Mourmansk pour creuser un canal, puis mobilisé pour se battre en Finlande où il participe aux opérations de déminage du front. En 1941, il est appelé pour la grande guerre patriotique, son régiment se retrouve devant Moscou, il est porté disparu, puis mort au champ d’honneur : en réalité, il est prisonnier des troupes allemandes. Il change six fois de camp, tente plusieurs fois de s’évader pour finalement se retrouver sous uniforme allemand, dans le bataillon Ukrainski. Peu disposés à se battre contre leurs frères, les hommes de ce bataillon sont envoyés en France pour des opérations de maintien de l’ordre, à Nancy, Montbard puis Chatillon-sur-Seine  »
.

Il engage alors, avec des camarades, des actions de sabotages contre l’armée allemande et tente un premier contact avec la résistance locale dans le village de PIERRE-de-BRESSE où il est incorporé le 12 mai 1944 dans le groupe LANGLOIS, nom de résistant de Georges BRESSON. Avec ce groupe où on l’appelle le GRAND FRISE,  il participe à toutes les opérations du secteur, et dans l’Ain et le Jura. A la libération, il est incorporé dans l’armée française, au deuxième bataillon de Chasseurs à pied.

Staline réclamant ses soldats  isolés sur le sol français, Alexandre GLOTOFF  est démobilisé à Belfort et envoyé à Lyon pour  un retour en Russie. Mais il ne veut pas rentrer dans la  Russie de Staline, il s’évade en sautant du train et rejoint Pierre-de-Bresse où il retrouve son chef de maquis, André CAMUS grâce auquel  il est incorporé dans l’Armée américaine sur la base aérienne de TAVAUX où il est affecté comme mécanicien au 444ème escadron de bombardement dans le 320ème groupe entre avril et octobre 1945. Il termine la guerre à Berlin sous l’uniforme américain, puis, démobilisé, il revient à PIERRE-de-BRESSE où il est accueilli en héros, vêtu du blouson de pilote de chasse américain.
Il  reste alors en France où il s’intègre et participe à la reconstruction dans son métier de charpentier. En 1976, victime d’un grave accident du travail, il est laissé pour mort sur son lit d’hôpital, mais c’est encore la rage de vivre qui l’emporte, et lorsque sa femme apporte à l’hôpital ses derniers vêtements, il a repris connaissance »
André CAMUS grâce auquel Alex GLOTOFF intégra le groupe LANGLOIS des maquis du LOUHANNAIS  puis revint s’installer dans la région après la guerre est décédé  en  2005. Il  était le père de Jean Camus qui a décoré Alex à Ménotey le 8 mai 2008 et fut maire conseiller général de Pierre-de-Bresse et suppléant du député Pierre JOXE qui lui remit les insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur en rappelant «  que la carrière d’André CAMUS avait été consacrée entièrement à la ville de PIERRE et aux habitants du canton , et qu’André CAMUS avait fait sienne la devise de la Légion d’Honneur : HONNEUR ET PATRIE. »
.
Donc, le 8 mai dernier, après être allés se recueillir devant le monument aux morts  situé dans le cimetière de Menotey, les très nombreux participants se retrouvèrent sur la place du village pour les discours officiels et la remise des décorations à Alexandre Christophor  GLOTOFF
.Dès l’ouverture de la cérémonie, une excellente chorale, le CHŒUR DES ROCHES  interpréta des chants de circonstance, dont la Marseillaise, le chant des partisans et plusieurs chœurs russes, et, au cours du repas amical organisé après la cérémonie officielle, trois groupes folkloriques donnèrent un spectacle chants et danses très apprécié, le groupe franc comtois d’Auxonne,le groupe polonais WARSAWA de Dijon et un groupe russe, pour rappeler l’origine  d’Alex GLOTOFF qui, en fin de repas, prouva que malgré ses 95 ans, il avait encore une belle voix et était encore capable d’esquisser des pas de danse au milieu de la piste.
Depuis cette fête de la reconnaissance envers un valeureux soldat, Alexandre GLOTOFF a reçu une invitation de l’ambassade russe à Paris pour le 11 juin à l’occasion de la fête nationale russe.

   
   
       
 
   
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
       
       
 
Christophor Glotoff dit "Le Grand Frisé"
   
 
accompagné de
   
 
Yvan Artukoff dit "Le Crapaud"