Groupe d'Études Historiques
de Verdun-sur-le-Doubs
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Panorama archéologique du Verdunois

    Le Verdunois qui, il y a à peine 50 ans, faisait presque figure de désert archéologique, est devenu une région particulièrement riche en sites de toutes époques dont certains très importants.
    Nous vous présentons sur 4 périodes (néolithique, celte, gallo-romaine et mérovingienne) un panorama photographique du patrimoine archéologique de la région verdunoise. Vous trouverez les comptes-rendus complets de nos fouilles dans nos bulletins "Trois Rivières".
    Les résultats de certaines fouilles menées par le GEHV sont présentés dans des vitrines au musée Denon, à Chalon-sur-Saône: vitrine de Bragny et vitrine de la Tène (objets du Petit Chauvort).


Paléolithique et mésolithique


     Dans les plaines de la Saône et du Doubs, le paléolithique (100000 à 5000 avant J-C.) n'est représenté que par quelques pièces isolées et plutôt tardives. La région devait être peu hospitalière et les hommes devaient préférer à l'époque des glaciations les abris offerts par les collines la bordant à l'ouest.
     Des dragages de la Saône et du Doubs ont donné des ossements et des dents de mammouths et autres mammifères du quaternaire.
     Au mésolithique (8000 à 5000 avant J-C.), aprés la fonte des glaciers et la submersion des vallées, le paysage devient amphibie et les hommes s'installent peu à peu sur les rives et les îlots. Les techniques de taille du silex donnent surtout des microlithes (silex de petite taille) fixés sur bois ou os, pour obtenir en particulier des harpons. Quelques-uns ont été recueillis dans les sables de Bougerot (Gergy) et sont analogues à ceux de Sermoyer.


Néolithique et chalcolithique



     Au néolithique (5000 à 2000 avant J.C.), agriculture et élevage se  répandent dans tout l'occident, ainsi que le tissage, la poterie et les habitats de villages, tandis qu'à côté de l'outillage et des armes de silex taillé apparaît un matériel en pierre polie.
    A la période de transition du chalcolithique (2000 à 1800 avant J.C.) viennent s'ajouter les premiers objets de cuivre. Ce passage à la protohistoire (âges de bronze, puis de fer) est la période de la civilisation des mégalithes, dolmens et menhirs, dont il ne faut guère rechercher les témoins dans nos plaines.




Âge du bronze


     Cette période qui s'étend sur un millénaire (1800 à 750 avant J.C.) est caractérisée par la poursuite du mode de vie néolithique et la substitution progressive d'un matériel (outils, armes, bijoux) de bronze au matériel de pierre taillée ou polie. En même temps, le climat devient plus sec, d'abord au Chalcolithique (2000 à 1800 avant J.C.) et plus tard au bronze final (900 à 700 avant J.C.), et c'est sans doute pour cela que les vestiges sont assez nombreux dans la vallée de la Saône et du Doubs, et plus précisément dans le lit actuel de ces rivières, les rives de l'âge de bronze étant maintenant submergées (cf. le village de l'âge de Bronze  d'Ouroux).
     Le début et la phase moyenne de cette époque sont encore mal connues; seule la fin de l'âge de Bronze est mieux représentée et comme dans nos régions, et un matériel très varié a été recueilli.



Premier âge du fer (Le Hallstatt)


     L'usage du fer et sa métallurgie apparaissent dans nos régions au cours du VIIIe siècle avant J.C. Le bronze reste largement utilisé, mais peu à peu le fer est employé pour la fabrication d'armes et d'outils, en quantités limités.
     Déjà amorcée à l'âge du Bronze, l'installation d'une société de type féodal se confirme. Des contacts s'établissent avec les peuples méridionaux; ils sont nettement constatés sur le site du Hallstatt final (fin du VIe siècle-début du Ve siècle avant J.C.) de Bragny-sur-Saône.
     Au début de cette période le climat est très humide et les travaux d'occupation sont rares sur les rives de la Saône et de ses affluents; puis peu à peu les conditions climatiques deviennent celles que nous connaissons.
     Ce 1er âge du fer (750 à 450 avant J.C.) est peu représenté dans le Val de Saône et, à l'exception de quelques trouvailles sur le territoire de Verjux, les seuls vestiges importantes sont à ce jour ceux du site hallstattien final de Bragny, un peu en aval du confluent Saône-Doubs.



Deuxième âge du fer (La Tène)



     A partir du Ve siècle avant J.-C., de nouvelles populations expertes dans le travail du fer, s'installent dans la plus grande partie de l'Europe (Celtes, Gaulois). Leurs artisans sont réputés pour leur abondante production d'armes et outils de fer, ainsi que pour la chaudronnerie, la bijouterie, la céramique et la verrerie ou les émaux.
     Durant 4 siècles (450 à 50 avant J.-C.), les contacts et les échanges réciproques avec les peuples méditerranéens (Grecs, Etrusques, Romains) se multiplient et permettent le développement d'une civilisation dont l'importance sera minimisée par l'arrivée des conquérants romains (et ce presque jusqu'à nos jours).
     Des villages, des places fortes (Virodunum = Verdun) s'implantent dans la région du confluent Saône-Doubs, et les vestiges de cette période sont assez nombreux en Verdunois. Le site gaulois du Petit Chauvort (verdun) a été le premier de l'époque de la Tène fouillé dans notre région et il a fourni des informations nombreuses sur la fin de l'indépendance gauloise. Verdun et ses abords, comme le petit Chauvort, formait sans doute une de ces enclaves Eduennes en territoire Séquane, à l'origine des dissensions entre Gaulois et de l'intervention puis de la conquête romaine.





Gaule romaine

     La prospérité agricole, artisanale et commerciale qui caractérisait déjà le Verdunois à l'époque de la Tène, va prendre un nouvel essor avec la "paix romaine" ( de 50 av. J.C. à la fin du Ve siècle ap. J.C.).
     Des axes routiers importants, reprenant les voies gauloises ou entièrement nouveaux ( voies de Chalon à Langres et de Chalon à Besançon), ainsi que des voies secondaires sillonnent les plaines de la Saône dans toutes les directions.
     La densité du peuplement n'est sans doute pas très différente de ce qu'elle est actuellement dans nos campagnes. Les vestiges gallo-romains sont présents un peu partout et également dans le lit de nos rivières que de nombreux gués franchissaient. D'importantes trouvailles récentes ont permis de confirmer l'existence du pont romain de Pontoux (Pons Dubis) sur la voie Chalon-Besançon







Mérovingien - Carolingiens

     De la fin du Ve siècle au milieu du VIIIe siècle (450 à 750), dans notre région comme ailleurs, les temps mérovingiens (Francs, Burgondes) comportent une activité économique ralentie et un peuplement plus clairsemé, et par conséquent les vestiges de cette période sont beaucoup moins nombreux que ceux laissés précédemment par les populations gallo-romaines.
     Toutefois, les fouilles effectuées au siècle dernier sur le site de la nécropole burgonde de Charnay-lès-Chalon, ont livré un matériel considérable (armes, poteries, verreries, bijoux, etc.) dont la majeure partie est conservée au Musée des Antiquités Nationales, à Saint-Germain-en-Laye.
     L'époque carolingienne, du milieu du VIIIe siècle à la fin du Xe siècle (751-987), n'a pas laissé beaucoup de traces dans le Verdunois (ce qui semblerait infirmer l'hypothèse de la signature du traité de 843 à Verdun sur le Doubs.







Moyen-Âge



     L'archéologie médiévale rurale n'a donné lieu jusqu'à présent qu'à de rares travaux. Pour la première fois dans le canton une fouille , limitée, d'une motte féodale a été pratiquée en 1980 à Cercy (Saint-Gervais-en-Vallière) (voir bulletin "Trois Rivières" n°17).
     La plupart des trouvailles sont sporadiques et proviennent en grande partie de la Saône et du Doubs (armes surtout) qui correspondent aux époques de troubles (guerre de Cent ans, etc...). Par contre d'intéressants vestiges d'architectures religieuse (églises, abbayes) sont encore en place ou recueillis dans les musées.
     Plus récemment, les fouilles du moulin sur bateaux de Sermesse, conduites à partir de 2008 par Annie Dumont, ont livré quelques objets intéressants.