Groupe d'Études Historiques
de Verdun-sur-le-Doubs
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Pierre Semard

Antonin Guillot - Trois Rivières n° 24


Sommaire
   Fils d'un cheminot et d'une garde barrière, Pierre Sémard naquit à Bragny sur Saône (Saône et Loire) le 15 février 1887. Très vite, après avoir été commis boucher, il suivit l'exemple de son père et s'embauche au chemin de fer, alors en pleine expansion. Se forgeant en cours de route au syndicalisme, il descendit jusqu'à Valence et, dès 1907, à vingt ans, eut ses premières responsabilités syndicales. Militant actif, on le retrouvera en février 1920 à la tête des grandes grèves pour la nationalisation des chemins de fer. Après l'échec du mouvement, il est révoqué, avec 20 000 de ses camarades. Il rejoindra le jeune Parti Communiste et sera cette même année élu secrétaire général de la Fédération des Cheminots. Son action contre l'occupation de la Rhur lui vaut d'être emprisonné le 15 janvier 1923.

    En 1924, il devient secrétaire général du Parti Communiste, qu'il s'emploie à réorganiser sur la base des entreprises. Le 27 avril 1927, le gouvernement Poincaré engage des poursuites contre le PCF et au mois de juin, Pierre Semard connaît à nouveau la prison. Il ne sera libéré qu'en 1930. En 1933, il reprend la direction de la Fédération des Cheminots CGTU et s'attaque à une nouvelle tâche, la réunification du mouvement syndical, qui deviendra effective en 1936. Dès cette époque, il pense que la lutte en France contre la montée du fascisme est une question essentielle pour le mouvement ouvrier international.

    Après la déclaration de guerre, Pierre Sémard est mobilisé comme cheminot. Mais le 26 septembre 1939, le PCF est dissous par le gouvernement Daladier et en octobre, Pierre Sémard est arrêté. Il ne sortira plus de prison et sera fusillé par les Allemands, à Evreux, le 7 mars 1942.
     Un maquis à la limite du Jura (région de Mouthiers en Bresse) portera le nom de "Pierre Sémard".

Derniers écrits de Pierre SEMARD le 07 Mars 1942 :


" Je meurs avec la certitude de la libération de la France
 Dites à mes amis les cheminots qu'ils ne fassent rien qui puisse aider les nazis
 Les cheminots me comprendront, ils m'entendront, ils agiront ! J'en suis convaincu
 Adieu chers amis, l'heure de mourir est proche.
Mais je sais que les nazis qui vont me fusiller sont déjà vaincus
 et que la France saura poursuivre le bon combat..."