COLLIGERE-VULGARE

Editorial du bulletin "Trois Rivières" n°9

par Mr. Anthonin. Guillot

 

 

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Il y a quelques années notre collègue Claude Joannelle, féru d'histoire médiévale, avait dessiné pour les papiers à en-tête du G.E.H.V. un "logo" un peu à la mode des sociétés savantes d'autrefois, portant la devise "Colligere" - "Vulgare".  Ces deux verbes latins résumaient parfaitement les objectifs que s'était  fixé le Groupe et qui n'ont pas changé depuis.

     "COLLIGERE" - Terme que l'on peut traduire par: collecter, réunir, rassembler. De quoi s'agit-il pour le G.E.H.V.? La masse de documents écrits, de photographie, de vestiges archéologiques, concernant le Verdunois n'a cessé de croître. Tout ne peut être exploité dans l'immédiat, mais tout doit être soigneusement conservé, classé, archivé, pour être utilisé éventuellement dans un avenir proche ou lointain. Ce fut la décision prise unanimement par les responsables du Groupe. Nous avons pu ainsi collecter des archives ou écrits divers, ou des photocopies et photographies, des documents iconographiques (photos, cartes postales, dessins, plans...) ou leurs reproductions. Notons que la documentation, ayant servi à la rédaction d'articles ou d'ouvrages, doit (ou devrait être déposée dans les archives du G.E.H.V. aprés publication (exemple: ouvrage "Madame Boucicaut", bulletins spéciaux "Cercy", "Les Années Noires en Verdunois", "Verdun 1900", etc...)
     De même, quoique dans un domaine assez différent, le matériel archéologique recueilli pendanr les campagnes de fouilles (en premier lieu celles financées par le Comité Départemental de la Recherche Archéologique - ou la Direction Régionale de l'Archéologie) doit être remis au dépôt de fouilles le plus proche (à Chalon s/Saône) et dans les meilleurs délais en vue de sa concervation et de son utilisation éventuelle (ex: le matériel du site hallstattien de Bragny qui a servi à la publication de Mrs Feugère et Guillot). Bien entendu, les objets les plus intéressants peuvent être présentés dans un musée proche des lieux de découverte (ex: les vitrines des sites de Bragny sur Saône et du Petit Chauvort, au Musée Denon, à Chalon sur Saône).

     "COLLIGERE", c'est sans doute aussi: collectionner. Nombes de gens ont pour violon d'Ingres la collection d'objets de toutes sortes, y compris de documents historiques ou archéologiques, ce qui est tout à fait légitime. rares sont ceux qui se contentent d'accumuler ces objets et d'en jouir égoïstement. Beaucoup les tiennent à la disposition de chercheurs ou d'expositions et contribuent ainsi, dans le domaine qui nous intéresse, à la connaissance de notre passé local, et c'est tout à leur honneur. Mais ont-ils pensé à l'avenir? Sont-ils certains que leurs familles assureront plus tard la conservation de leurs collections? Dans le Chalonnais, les collections archéologiques privées constituées à la fin du siècle dernier ont en grande partie été vendues, dispersées ou perdues; un dixième à peine se retrouve dans les musées, dont celui de Chalon. Il faudrait au moins que ces documents soient connus et étudiés, puis publiés, ce qui a d'ailleurs été souvent le cas dans notre région.
     Quoi qu'il advienne, que vous soyez collectionneur ou non, si vous êtes en possession de vestiges anciens, pensez tout d'abord à l'intérêt général, faites-en part aux personnes compétentes qui pourront vous conseiller et en tirer les enseignements utiles pour tous, le cas échéant.

     "VULGARE" - C'est évidemment: vulgariser, mettre à la disposition de tous, initiés ou profanes. Tout ce que le G.E.H.V. avait découvert ou collecté n'était pas destiné à rester dans les tiroirs, ce fut d'abord das articles dans les journaux locaux, puis une série d'expositions ouvertes au public.
     Mais à partir de 1972, le Groupe, grâce à la création du bulletin "Trois Rivières", fera d'abord connaître à ses adhérents et lecteurs les résultats de ses recherches archéologiques. Et rapidement s'y adjoindront des articles historiques variés; "Trois Rivières" permettra, entre autres, à Claude Joannelle de publier sa "Toponymie du Verdunois" et sa série d'articles sur les seigneurs de Verdun. Bien d'autres auteurs suivront, qui, deux fois par an, ouvriront aux habitants du canton les portes de la connaissnace de leur passé

     Le but proposé, "vulgare", semble maintenant bien atteint.